L' e-couponing a le vent en poupe
Le consommateur féru de promotions peut désormais être à l'affût en permanence et profiter des bonnes affaires grâce au web. Si près d'un tiers des internautes américains collectent les coupons de promotion virtuels, les Français s'y mettent progressivement, face à l'offre pléthorique dont ils disposent. Aux Etats-Unis, les cyberbons représentent moins de 1% des 256 milliards de bons distribués chaque année mais 57% de ceux qui cliquent sur ces bons ou les reçoivent par mail s'en servent, alors que seuls 1,2% des bons découpés dans les journaux sont effectivement utilisés. En France, selon la Sogec, principal acteur du secteur, il a été émis 8 milliards de bons promotionnels papier en 2000. Les spécialistes chiffrent le marché global de l'e-couponing en France à environ 10 000 à 12 000 coupons électroniques proposés chaque jour, pour un taux de pénétration clientèle qui avoisine les 3,7% soit 300 000 clients sur les 8 millions d'internautes que compterait la France.
Depuis la mi-2000, on dénombre en France quatre acteurs majeurs dans le e-couponing : les sites Consowin (leader avec environ 7000 coupons émis par jour), Ecoliste, Ecoupon et Pixibox qui rassemblent des coupons de fabricants de produits de grande consommation. L'internaute clique sur le bon qui l'intéresse, l'imprime avec son code-barres ou se le fait envoyer par courrier et le présente à la caissière avec le produit quand il se rend au supermarché. La start-up française eKoopon a adopté un positionnement différent: elle vise uniquement les cybermarchands mais, au lieu d'agir en prestataire de services, elle leur vend son logiciel. Celui-ci permet au commerçant en ligne de créer de façon autonome et automatisée ses e-coupons sous forme de fichiers sécurisés, téléchargeables ou utilisables directement par le client internaute. Grâce à ce logiciel, le vendeur peut recueillir des données sur les habitudes d'achat de ses clients, analyser la rentabilité de sa campagne etc. Selon le directeur de cette société, le taux de transformation du visiteur en acheteur, qui peut avoisiner 15%, est multiplié par 6 par rapport aux cyberbannières publicitaires. En outre, ce logiciel est un bon outil de gestion de la relation client pour le commerçant.
Internet peut servir ainsi à dynamiser des outils promotionnels qui existent dans le monde réel et à leur donner une nouvelle vie en étant utilisés dans d'autres circonstances. En outre, la remise accordée pourra varier selon le taux de fidélité estimé du client. L'opération promotionnelle se transforme alors en véritable opération de fidélisation. Si le marché des acheteurs en ligne reste faible (700 000 foyers en France en mars 2001), le coupon doit capturer la première vente tout en fidélisant les clients acquis. L'e-coupon représente un bon outil pour procurer un avantage utilisable plus tard.
Pour être efficace, la promotion en ligne ne peut s'effectuer dans les mêmes conditions que dans le monde réel : elle ne peut se fonder uniquement sur le prix...
Les sites de commerce électronique, notamment les sites alimentaires, enregistrent pratiquement tous des résultats d'exploitation très négatifs. On peut noter d'ailleurs que les sites marchands d'enseignes présentes sur le web n'ont pas conservé leur nom du monde réel. Serait-ce pour se couvrir d'une mauvaise publicité en cas de dysfonctionnement? Le coût d'exécution d'une commande de 60 articles est en moyenne de 150 F pour un panier moyen de 800 F. Il faut donc rechercher des clients potentiellement beaucoup plus rentables. Les 150 F de coûts d'exécution ne sont pas couverts par la participation aux frais de livraison (compris entre 50 et 60 F la plupart du temps) ni par une éventuelle sur-tarification d'un niveau acceptable. Il reste donc à cibler les foyers gros consommateurs. Mais cela demande des outils spécifiques car Internet est un média accessible à tous. Serait-ce le prélude à une promotion des ventes discriminante ? On pourrait dès lors envisager des solutions comme jouer sur le prix des livraisons (moins cher quand on commande pour un montant élevé) ou créer des systèmes de fidélisation réellement incitatifs.