Ce n'est pas nouveau, la filière vente a un concurrent très sérieux et bien plus attractif aux yeux des étudiants du supérieur: le marketing. «En sortant de l'Edhec, j'étais atteint d'un syndrome courant chez les étudiants: je voulais faire du marketing!», se souvient Vincent Chenay, aujourd'hui p-dg de Procter & Gamble Pharmaceuticals et qui a pourtant démarré comme responsable régional des ventes en 1983. Un cas qui est loin d'être isolé, puisque son compagnon de promotion, Jacques Guers, aujourd'hui président de Xerox France, avoue lui aussi avoir d'abord été attiré par le marketing: «Je ne pensais rester qu'un ou deux ans au service commercial, histoire d'ajouter une ligne à mon CV.» Résultat: son parcours dans la vente l'a conduit à devenir membre du comité exécutif de Xerox à 37 ans, et à prendre la présidence de Xerox France à 45 ans. Il s'en est fallu de peu que tous deux «ratent» la filière vente, et du même coup les beaux parcours professionnels qui les ont menés à la tête de leur société. Et pourtant, leurs exemples prouvent, s'il en était encore besoin, que la fonction commerciale offre des carrières en or aux jeunes qui s'y engagent sans a priori.Mais ces diplômés doivent aujourd'hui résister à d'autres sirènes que le marketing, car les postes de contrôle de gestion, de finance, de conseil ou encore d'audit se sont largement développés dans les entreprises ces quinze dernières années. «Le nombre d'offres d'emploi relatives à ces métiers a explosé», confirme Manuelle Malot (Edhec). Et puis, le discours des écoles vis-à-vis de la filière commerciale n'est pas très clair non plus. Ainsi, le mot «vente» ou «commerce» a bien souvent disparu de leur nom, au profit de «management» ou «business». Certes, parmi leurs anciens diplômés, on trouve de grands dirigeants qui ont commencé par la vente. Mais elles ne sont pas peu fières aussi d'annoncer qu'un nombre élevé de leurs étudiants intègre le milieu tellement «respectable» de la finance, du conseil ou encore de l'audit. Avec à la clé de gros salaires en début de carrière. Enfin, comment blâmer les jeunes diplômés de se détourner de la vente, lorsque l'on sait que les cours de vente et de négociation ne pèsent en général pas lourd dans les programmes? Au mieux 15%